Vente du Parc des Princes : utopie politique ou opération bien calculée ?

La question revient comme un marronnier parisien : le Parc des Princes sera‑t‑il enfin vendu au PSG ? Depuis des années, le club qatari réclame la propriété de son stade pour pouvoir l’agrandir et en optimiser les revenus. Longtemps, la mairie de Paris a opposé un refus catégorique. Mais depuis quelques mois, le dossier semble se réchauffer. Certains parlent même d’un tournant historique. D’autres, d’une illusion soigneusement entretenue.

Selon plusieurs sources, la vente est redevenue « possible » depuis que certains candidats aux municipales de 2026 ont ouvert la porte à une cession. Une rupture nette avec la ligne d’Anne Hidalgo, qui refusait toute négociation. Plus surprenant encore : 61 % des Parisiens seraient favorables à la vente, selon un sondage Harris Interactive publié début janvier 2026Ouest-France. De quoi donner des arguments politiques à ceux qui veulent solder ce dossier explosif.


Mais alors, à qui profiterait réellement la vente ?

Au PSG, évidemment, qui pourrait enfin agrandir le stade de 48 000 à 60 000 places, un projet impossible sans propriété pleine et entière. Au club, aussi, qui cesserait de payer un loyer jugé disproportionné. Et à la ville ? Pas si sûr. Certes, une vente rapporterait un montant important, mais elle ferait perdre à Paris un actif stratégique, un symbole, un levier politique.

D’où cette question qui dérange : la vente est‑elle une utopie électorale, un mirage agité pour séduire les supporters et les Parisiens lassés du bras de fer ? Ou une manœuvre destinée à repositionner certains candidats comme « pragmatiques » face à un dossier enlisé ?

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Le feuilleton continue, mais une chose est sûre : dans cette affaire, chacun joue sa partition. Et le Parc des Princes, lui, reste au centre d’un jeu où le football n’est qu’un prétexte.